En décembre 2025, les opposant·es à la politique du département en matière de RSA se sont fait repoussé·es à coup de gaz lacrymogène par les forces de l’ordre. Pendant ce temps-là le président du conseil départemental, Maël de Calan, exposait sa politique d’exclusion sociale devant 200 chefs d’entreprises et quelques journalistes trié·es sur le volet (ceux du média Splann ! en avait été exclus).
Lundi 1er juin 2026, le président du conseil départemental du Finistère est passé à une nouvelle étape en annonçant avoir déposé plainte pour diffamation contre la CGT du Finistère et son secrétaire général, Ludovic Morin.
Après être devenue la figure de proue des élu·es qui traquent les allocataires du RSA, Maël De Calan a décidé de passer à une nouvelle étape : celle de l’intimidation judiciaire. Cette action en justice n’a pas d’autre objectif que de faire taire celles et ceux qui combattent la maltraitance des allocataires du RSA et d’alimenter des discours et des pratiques visant à précariser les personnes qualifiées d’« assisté·es ».
Le taux de chômage vient de repasser au-dessus de la barre des 8%. Et pourtant, alors que les possibilités de trouver un emploi diminuent la traque des personnes qui consacrent leur quotidien à la survie continue. N’en déplaise au président du conseil départemental qui affirmait dans son discours du 8 février 2024 que « le travail émancipe ». Pour Solidaires, il n’y a aucune émancipation dans un emploi qui a toutes les chances d’être rare, déclassé, mal payé, et aux horaires impossibles. Il n’y a que de l’exploitation !
Et pour bien multiplier les chances d’affamer les plus démuni·es, le président du département s’illustre aussi par des restrictions budgétaires dans l’action sociale notamment par une baisse drastique du financement des associations proposant des ateliers et chantiers d’insertion. Ainsi, des associations ont été contraintes de fermer leurs structures, alors que le conseil départemental a axé son plan d’actions RSA sur six leviers dont « l’augmentation du nombre et l’efficacité des structures d’insertions… ».
Cette stigmatisation ne va conduire qu’à une augmentation du non-recours à l’aide sociale ce qui permettra encore à la puissance publique de faire des économies sur le dos des plus vulnérables alors que les milliardaires français ont vu leur fortune doubler depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron.
Pour les agent·es du département, l’accompagnement social subit une injonction à la coercition envers les usager·es qui pose des questions déontologiques. Dans ces conditions, réaffirmer une éthique professionnelle dans la relation d’aide devient un combat quotidien, avec un risque accru d’épuisement professionnel, d’isolement ou d’exposition à des sanctions.
Solidaires 29 condamne avec la plus grande fermeté l’action en justice ouverte par Maël De Calan. Notre union syndicale réaffirme tout son soutien à la lutte des radié·es du RSA, à la CGT du Finistère et à son secrétaire général.
Le 15 juin, La CGT et des allocataires RSA assignent le président du conseil départemental pour
harcèlement moral institutionnel.
Solidaires 29 appelle la population à se joindre au rassemblement qui aura lieu devant le tribunal correctionnel de Brest à 12h.
Solidaires 29
12 juin 2026
